Thales Alenia Space, quand l’IoT rencontre le spatial

Thales Alenia Space, quand l’IoT rencontre le spatial

Thales Alenia Space – TAS – est un acteur spatial incontournable en Europe dans les domaines des télécommunications, de la navigation, de l’observation de la terre, de l’exploration et de la réalisation d’infrastructures orbitales. Thales Alenia Space favorise l’innovation en incitant chacun de de ses salariés à laisser libre cours à ses idées. Les Objets Connectés sont un des axes d’innovation de Thales Alenia Space. Le point avec Hérald Garcia, Responsable du Business Development du Centre d’Essais.

En quoi consiste plus précisément le savoir-faire de Thales Alenia Space ?

Thales Alenia Space est une joint-venture entre les groupes Thales (67%) et Leonardo – Finmeccanica (33%), qui propose une gamme complète de solutions dans le spatial. La société a réalisé un chiffre d’affaires de plus de 2.1 milliards d’euros en 2015 et emploie 7500 personnes dans 8 pays. Grâce à son expertise unique en matière de missions duales, de constellations, de charges utiles flexibles, d’altimétrie, de météorologie ou d’observation optique et radar haute résolution, Thales Alenia Space se positionne comme le partenaire industriel naturel pour accompagner les grands pays dans le développement de leur plan spatial.

Comment se prennent les décisions d’innovation au sein de Thales Alenia Space ?

L’innovation est portée à tous les niveaux du Groupe : à la fois par la Direction mais aussi par tous les salariés. Elle est divisée en 3 catégories : l’innovation technologique, l’innovation business et l’interaction entre Hubs Innovation. On ne demande pas seulement à la Direction de l’Innovation d’avoir des idées mais d’accompagner la maturation de toutes les idées intéressantes. La première phase est exploratoire : il s’agit d’analyser et de structurer ces idées avec chaque point de contact. On part ensuite sur une phase de consolidation avec la mise en œuvre d’un démonstrateur visant à garantir la faisabilité d’un projet. La dernière étape est la phase d’incubation. Elle permet d’identifier le marché potentiel et les porteurs du projet. Cette analyse prend en compte le potentiel technique, commercial, industriel de chaque entité ou de chaque idée. A ce stade, l’innovation est assez mature et va être gérée en mode projet. L’idée va basculer vers la stratégie, le marketing et la direction technique qui vont prioriser le projet et lui attribuer un budget en cohérence avec ses ambitions. La durée d’un projet peut varier de quelques mois à 5 ans.

Vous êtes l’un des acteurs clés du programme ITGDO porté par le CNRFID. Pourquoi avez-vous pris part à ce programme ?

ITGDO est un programme qui réunit tous les acteurs majeurs de l’aéronautique et du spatial dans le but de mutualiser les besoins avec des solutions communes. J’ai été séduit par cette opportunité de partager avec d’autres industriels des visions novatrices, de fédérer nos besoins et de partager les développements des offreurs de solutions.

En quoi consiste le démonstrateur que vous mettez en œuvre ?

Notre démonstrateur concerne la traçabilité des outillages. Il s’articule autour de 3 cas d’usages :
– Localiser les outillages
– Tracer les outillages
– Lutter contre les FOD

Pourquoi avez-vous choisi de vous tourner vers la RFID ? Quelles problématiques vous permet – elle de résoudre ? Quel lien faites-vous avec les Objets Connectés ?

La problématique centrale est la lutte contre les FOD (Foreign Object Damage) c’est-à-dire l’oubli d’outils pendant les opérations d’assemblage, d’intégration et de tests. Sans la RFID, les opérateurs doivent effectuer des vérifications fastidieuses avec des procédures compliquées. Il s’agit de juguler au plus simple les erreurs humaines. Dans nos projets d’Usine du Futur, la RFID, reconnue pour sa fiabilité, est la technologie clé pour la traçabilité numérique. Grâce à la RFID, nous contrôlons automatiquement le retour des outils dans leur lieu de stockage et nous pouvons les rechercher directement sur site.
Ce démonstrateur sera en place fin 2016.

Comment envisagez-vous l’évolution de la RFID dans un secteur aussi pointu que les technologies spatiales ?

Cette évolution se décline en deux étapes. Nous allons d’abord mettre en œuvre des solutions déjà matures comme l’identification, la traçabilité et la géolocalisation des objets pour des applications au sol.
Nous nous pencherons ensuite sur un sujet plus complexe : l’identification et la traçabilité des équipements vol. Il s’agit de lever 2 verrous technologiques déjà identifiés aujourd’hui : la compatibilité électromagnétique entre le système RFID et le satellite ainsi que les contraintes thermiques et mécaniques de l’environnement spatial recréé lors des essais d’environnement. Ces futurs développements ne seront pas simples mais on croit aux technologies RFID dans le spatial. Nous sommes déjà sur des calculs de retours sur investissement significatifs. Sur le terrain, il faudra que les équipes s’approprient ces technologies et modifient leurs habitudes. Plus nous serons connectés, moins il y aura d’impact sur le changement de méthodologies de travail.

Thales_Alenia_Space-Leonardo

THALES ALENIA SPACE
Cannes Test Center Business Development & Space Agencies Relationship